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Abstract: . . . les yeux ferms et semblait dormir. Sa main chercha cependant celle de son ami, il la serra : Merci, dit-il, merci de m'avoir fait croire et esprer. J'ai vcu un rve merveilleux. Je savais depuis le dbut que ce n'tait qu'un rve, mais il m'a aid vivre plus heureux . Le docteur X ne put retenir ses larmes. Ainsi, son mensonge avait t source d'illusions, une forme de vrit qui dans certaines circonstances est aussi vraie que la ralit. Page 6 Peut-on mentir son malade ? Certes non. Mais comme Peer Gynt sa mre, on peut dans l'amiti, la compassion et l'amour faire croire l'impossible esprance. Tant qu'il . . . . . . Alfred vivait seul et n'avait pas de famille directe. Une infirmire et une femme de mnage s'occupaient de ses besoins. Le docteur X les avait mis au courant et elles participaient indirectement la mise en scne. Il arriva un jour o Alfred fit une crise angineuse plus forte et plus inquitante. Le docteur X se rendit son chevet. Alfred avait les yeux ferms et semblait dormir. Sa main chercha cependant celle de son ami, il la serra : Merci, dit-il, merci de m'avoir fait croire et esprer. J'ai vcu un rve merveilleux. Je savais depuis le dbut que ce n'tait qu'un rve, mais il m'a aid vivre plus heureux . Le docteur X ne put retenir ses larmes. . . . . . . Le mensonge Alfred se remettait difficilement de l' infarctus trs grave qu'il avait fait il y a quelques mois dj. Son cur battait souvent la chamade et une sourde oppression ltreignait au moindre effort. Premier fonctionnaire au ministre des Allocations spciales, il avait d abandonner tout travail et tait en cong de maladie dure indtermine, en attendant . . . . . . exigeant. Ces rflexions et le souvenir d'autres malades qu'il avait accompagns jusqu'au bout l'empchrent longuement de trouver le sommeil cette nuit-l, mais au matin, il se sentit envahi de cette trange srnit qui accompagne la prise de dcisions difficiles. Il trouva son ami clou dans un fauteuil bourr de coussins. Il respirait difficilement et son bonjour tait faible, peine audible. La nuit avait t mauvaise et une douleur angineuse quasi continue l'oppressait. Manifestement son ami tait en angor instable. Le regard d'Alfred tait cependant vif et son visage exprimait une attente et une impatience indfinissables, comme si tout son tre tait tendu vers . . . --2783,4,348,2793,13913
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